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Arbre fruitier formé en palmette éventail contre un mur, avec une structure de branches rayonnante
Plantation14 octobre 20269 min

Former des arbres fruitiers en palmette contre un mur

Par la rédaction de GardenWorld, mis à jour le

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Pourquoi former des arbres fruitiers contre un mur ?

Faire pousser un arbre fruitier contre un mur n'est pas une question de décor, c'est une manière intelligente de produire des fruits. Le mur plein sud réchauffe vos poiriers et pommiers, les protège du vent et permet à des variétés qui peineraient en plein champ de fleurir et de nouer leurs fruits de façon fiable. Une palmette occupe très peu de place: trois mètres de large, deux mètres de haut, et elle produit déjà en année trois. Vous récoltez plus de fruits par mètre carré qu'avec n'importe quel autre système, et si c'est bien fait, le résultat est élégant: des fils bien droits, des branches en diagonale, une récolte généreuse.

Former un arbre n'a rien de magique, mais cela demande de la patience et de la régularité. Pendant quatre étés, vous consacrez chaque mois quelques minutes à l'arbre, ensuite vous l'entretenez comme un arbre fruitier ordinaire. Cet article vous explique, étape par étape, comment transformer un jeune plant en une palmette productive contre votre mur en cinq ans.

Pourquoi justement le mur sud ?

La chaleur est essentielle. Un mur exposé au sud, en Belgique ou aux Pays-Bas, vous offre pour ainsi dire un microclimat plus doux. Là où votre jardin se situe en zone climatique 7 (température minimale autour de -15 degrés), l'abri du mur se comporte plutôt comme une zone 8. Pour des variétés comme le poirier Merton Pride ou le pêcher Durondeau (Prunus persica), cette différence fait la différence entre quelques fleurs fragiles et une récolte assurée.

Le mur se réchauffe grâce au soleil du sud et de midi, restitue sa chaleur lentement la nuit (l'effet de masse de la pierre), et protège l'arbre du vent. Le vent dessèche les fleurs et perturbe la pollinisation. Un arbre contre un mur reçoit ainsi trois à quatre heures de soleil de plus qu'un arbre isolé au même endroit.

Autre avantage important: pas de pluie directe sur les fleurs et les jeunes fruits en mai-juin. Le mur protège. Des poiriers trop souvent mouillés attrapent facilement la tavelure ou des taches bactériennes; le mur limite ce risque.

Choisir le bon arbre: porte-greffe et variété

Commencez avec un jeune arbre sur porte-greffe faible. Pour le pommier, M26 ou M27 (nain) convient bien; pour le poirier, le cognassier A ou C (également faible). Les porte-greffes vigoureux comme le MM106 ou le franc produisent beaucoup de feuillage et peu de fruits, ce qui n'est pas ce que vous recherchez pour une palmette.

Pommiers: choisissez une variété autofertile (Elstar, James Grieve) ou installez deux variétés proches l'une de l'autre pour une meilleure pollinisation (Cox's Orange Pippin et Jonagold). Pour une palmette de trois mètres de large, une seule variété suffit.

Poiriers: de nombreuses variétés alternent, avec une grosse récolte une année et une petite l'année suivante. Choisissez donc des poiriers qui fructifient jeunes et régulièrement, et non des variétés qui ne donnent leurs premiers fruits qu'après cinq ans de fleurs stériles. Bons choix: Conférence (mûrit en octobre, bonne autofertilité) et Durondeau (octobre). Le Doyenné du Comice est une excellente poire, mais elle alterne fortement, elle demande donc plus de constance.

Pêchers (contre le même mur sud): Redhaven et Peregrine, qui fructifient tous deux bien plus jeunes qu'un pêcher sauvage (Prunus persica) et mûrissent de façon fiable dans ce climat.

Achetez un arbre de deux ans, pas un jeune semis d'un an: il est déjà en partie formé. Comptez environ 25 à 50 euros pour un bon arbre. Cela vous fait gagner du temps: un arbre sur porte-greffe vigoureux met des années de plus à se former qu'un arbre sur porte-greffe faible, et il fructifie bien plus tard.

Installer la charpente: fils et espacements

Avant de planter votre arbre, installez la charpente contre le mur. Ce n'est pas compliqué.

Fixez des boulons à oeillet en inox (M12, environ 3 euros pièce) dans le mur. Espacez-les de 50 centimètres à la verticale et de 40 à 50 centimètres à l'horizontale (quatre à cinq rangées pour une hauteur de deux mètres). Ne les fixez jamais dans les joints: ils finiraient par pourrir. Fixez-les plutôt sur un rail en aluminium vissé au mur, ou percez des trous dans la maçonnerie et utilisez des chevilles adaptées.

Tendez ensuite un fil en inox entre les boulons, d'un diamètre de 3 ou 4 millimètres (environ 1 euro le mètre). Ne tendez pas trop fort: un peu de jeu dans le fil facilite la formation.

Pour une palmette en éventail, vous n'avez pas besoin de fils horizontaux, mais des fils de soutien en diagonale sont utiles. Moins cher: le fil galvanisé (moitié prix, tient une dizaine d'années) ou une corde de tension en plastique rigide.

Le coût total d'une charpente de deux mètres de haut revient à environ 100 à 150 euros, pose comprise. Cela en vaut la peine: une charpente bien posée dure trente ans.

Trou de plantation et tutorage la première année

Mettez l'arbre en terre vers la fin du mois d'avril. Dans ce climat, c'est une période sûre, à l'abri des dernières gelées tardives. Creusez un trou large mais peu profond (moins de 60 centimètres) et mélangez la terre avec du compost à parts égales.

L'arbre n'a pas besoin d'être planté profondément: les jeunes arbres sur porte-greffe faible préfèrent une plantation un peu plus superficielle. Installez un tuteur d'un mètre cinquante, incliné vers le mur, et attachez l'arbre sans serrer avec des liens souples, jamais des bandes en plastique qui finissent par entailler l'écorce.

Arrosez généreusement après la plantation, puis tous les trois jours en été s'il fait sec. La première année, l'arbre pousse surtout vers le haut plutôt que vers la charpente: c'est tout à fait normal.

Année 1: laisser pousser, retirer seulement les pousses basses

Laissez l'arbre grandir. Taillez-vous déjà? Pas encore: il doit d'abord atteindre un mètre de hauteur. Retirez uniquement les pousses latérales situées sous 30 centimètres, car vous ne voulez pas de branches basses sur le tronc.

Début octobre, quand le bois est encore souple mais que la croissance ralentit, choisissez deux longues pousses flexibles et guidez-les en diagonale le long de la charpente. Courbez-les doucement vers les deux premiers fils, à gauche et à droite, à environ 45 degrés, et attachez-les sans serrer avec des liens souples. Cela ne blesse pas l'arbre: le bois jeune se plie facilement. Au printemps suivant, ces deux pousses donneront quatre à cinq nouvelles ramifications.

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Année 2: former le V

En mars, vous rabattez le tronc central (la pousse verticale principale) à 20 centimètres de croissance et le laissez attaché sans serrer à la charpente.

Les deux pousses guidées en octobre poursuivent leur croissance: elles deviennent les deux bras principaux du V, à gauche et à droite, en diagonale vers le haut. Laissez-les pousser, attachez-les sans serrer, et veillez à ce qu'elles restent à peu près de la même épaisseur.

En juillet et en août, l'arbre produit de petites pousses latérales sur ces branches principales. Vous les rabattez après la pause estivale, fin juillet, à 5 ou 8 centimètres: c'est la taille d'été. L'arbre ne fleurit pas encore cette année-là, et c'est normal: vous êtes encore en phase de formation.

Années 3 et 4: doubler les bras

Sur les deux bras principaux issus de l'année 2, laissez maintenant pousser quatre nouvelles pousses latérales, deux par bras. Vous obtenez ainsi quatre bras diagonaux supplémentaires. Pratiquez de nouveau la taille d'été fin juillet sur toutes les pousses latérales.

L'arbre commence alors à fleurir timidement, avec peu de fleurs. Ne retirez pas la plupart d'entre elles: elles tombent naturellement si la croissance est vigoureuse. Ce n'est qu'en année 4 que vous récoltez vos premiers fruits, une poignée seulement, pas plus.

Année 5: palmette complète, pleine récolte

Après cinq ans, vous avez une palmette avec six à huit bras diagonaux, entièrement couverts de courts coursons fructifères. La taille d'été continue: fin juillet, toutes les pousses latérales sont rabattues à dix centimètres. Cela stimule la fructification, limite le feuillage et garde la récolte facile à atteindre.

La taille d'été est le vrai secret. La taille d'hiver, elle, ne fait que produire du feuillage et des pousses. La taille d'été garde l'arbre compact et productif.

Fertilisation et arrosage

En mars, pendant la taille d'hiver, épandez un engrais biologique pour arbres fruitiers, à raison de deux poignées environ par arbre. C'est tout ce qu'il lui faut: pas d'engrais chimique, pas d'azote artificiel en excès, car un excès d'azote fait du feuillage, pas des fruits.

Arrosage: les deux premières années, en profondeur et régulièrement, tous les trois jours par temps sec. Ensuite, l'arbre se débrouille largement seul, mais si juillet est sec pendant deux semaines sans pluie, arrosez généreusement une fois.

Paillez avec dix centimètres de compost en mars, sans toucher le tronc.

La taille d'été, étape par étape

Commencez en juillet, dès que vos pousses latérales mesurent environ un mètre, ou entre un demi-mètre et un mètre.

Pour chaque pousse latérale, comptez depuis la base: première feuille, deuxième feuille, troisième feuille. Coupez juste après la troisième feuille. Il reste alors trois feuilles et un petit chicot de deux centimètres: ce chicot deviendra l'année suivante un bourgeon à fleur et à fruit.

Toute pousse qui repart de ce chicot en août est de nouveau rabattue en août, à une seule feuille cette fois.

Cela semble beaucoup de travail, mais pour un arbre entier, cela représente quinze à vingt coupes en tout, soit à peine dix minutes.

Étapes

Étape 1: construire la charpente

Boulons à oeillet en inox M12 sur le mur, 50 cm à la verticale, 40 à 50 cm à l'horizontale. Fil d'inox tendu entre eux. Vérifiez le niveau. Coût: environ 120 euros.

Étape 2: planter le jeune arbre

Fin avril. Trou large de 60 cm, peu profond. Terre mélangée à du compost à parts égales. Tuteur incliné vers le mur. Arrosez généreusement.

Étape 3: premier été, seulement de la croissance

Laissez grandir jusqu'à au moins un mètre. Fin juillet, retirez les pousses latérales sous 30 cm.

Étape 4: en octobre, former le premier V

Deux pousses latérales courbées vers la charpente, en diagonale à 45 degrés. Liens souples.

Étape 5: années 2 à 4, taille d'été

Fin juillet, pousses latérales rabattues à 5 ou 8 cm (années 2 à 4), puis à 10 cm (année 4 et après). Chicots à trois feuilles.

Étape 6: année 5, palmette complète

Six à huit bras diagonaux, entièrement couverts de coursons. Continuez la taille d'été chaque année.

Étape 7: entretien annuel

Mars: engrais biologique, paillage, rajeunissement si besoin. Juillet-août: taille d'été. Arrosage par temps sec.

Questions fréquentes

Puis-je former un arbre contre un mur exposé à l'ouest?

C'est moins idéal. Un mur ouest offre un soleil chaud en milieu de journée mais pas de soleil du matin, et en mai-juin les fleurs se dessèchent plus vite. Pour le pommier, cela fonctionne tout de même; pour le poirier, le mur sud reste vraiment préférable. Pour le pêcher, un mur ouest convient parfaitement, et même un peu plus chaud encore.

Combien de temps une palmette reste-t-elle productive?

Entre trente et quarante ans, à condition de pratiquer la taille d'été chaque année et de retirer un peu de vieux bois tous les dix ans pour rajeunir l'arbre. Sans taille régulière, la durée tombe à dix ou quinze ans, puis l'arbre s'affaiblit.

Dois-je polliniser à la main?

Non. Une palmette bien formée attire naturellement les abeilles. Seulement en cas de sécheresse extrême, très chaude et sans humidité, vous pouvez effleurer délicatement les fleurs en mai avec un pinceau souple si vous voyez du pollen. C'est presque toujours inutile.

Quel porte-greffe choisir pour un petit arbre?

Pour le pommier: M27 (très nain), M26 (nain), M9 (semi-nain). Pour le poirier: cognassier C (très nain), cognassier A (nain). Évitez le MM106 ou plus vigoureux encore, ces porte-greffes sont trop puissants pour une palmette.

Exemple de plan: poirier contre un mur sud

Deux mètres de haut, six bras diagonaux, trois mètres de large. Arbre: Merton Pride sur cognassier A (nain). Février année 1: achat, environ 40 euros. Avril année 1: plantation. Octobre année 2: récolte nulle. Octobre année 3: cinq poires. Octobre année 4: vingt poires. Octobre année 5 et les années suivantes: cinquante à quatre-vingts poires par an, pendant vingt ans. Un excellent rendement pour un si petit investissement, et les poires ont bien meilleur goût que celles du commerce. Vous vous demandez si une palmette irait sur votre mur? Sur gardenworld.app, vous la voyez d'abord dans un aperçu de votre propre jardin.

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